Information Nationale

 19 Septembre 2017

 

Budget 2017-2018: les petits mensonges des autorités

Dans le budget 2017-2018, les spécialistes, les politiques et les organisations de la société civile n’ont pas ménagé leurs mots pour dire qu’il y a anguille sous roche. Pour se défendre, les autorités se sont battues, même dans le manque le plus accru d’arguments, pour justifier la raison d’être mais surtout la nécessité d’une telle prévision budgétaire pour sortir le pays du marasme. Dans cette lutte sans merci entre les pro et les contre du budget 2017-2017, des parlementaires, non sans intérêt dans la loi de finances, se faufilent comme des équilibreurs désireux de sauver la République en faisant jaillir la lumière.

Publié le 19 Septembre 2017 / Source: Le Nouvelliste

 

 Photo: Google Image

Les interventions des parlementaires proches du pouvoir qui croient dur comme fer que la République ne pourrait pas avoir un meilleur budget sont monnaie courante au bord de mer.

 

La dernière intervention inattendue en faveur de ce document très controversé est celle du sénateur de l’Artibonite Youri Latortue qui, sous son chapeau de président du Sénat, lors d’une visite sur le site devant accueillir les nouveaux locaux du Parlement le lundi 11 septembre dernier, avait déclaré: « Des sept milliards de gourdes prévues pour le législatif dans le cadre du budget 2017-2018, trois milliards sont destinées à la construction du Parlement ». Cela renvoie ipso facto à la part allouée à l’investissement.

 

Depuis, le président du Sénat n’a cessé d’exhiber, dans différents médias de la capitale, cet investissement pour justifier les 7 milliards du Parlement et faire taire, du coup, les mauvaises langues.

Pourtant, nulle part, dans le budget alloué au Parlement, il n’a été prévu une telle somme pour l’investissement. Selon les chiffres décelés dans le document, 5,662, 643,489 des 7,198,967,642 gourdes allouées au Parlement sont destinées au fonctionnement de l’institution. Le reste, soit un total de 1, 536,324, 153 seulement, est prévu pour l’investissement, ce au niveau du Sénat puisque la Chambre basse n’a pas de budget d’investissement dans le document. Alors, où trouver les trois milliards de gourdes annoncées par le président du Sénat Youri Latortue ?

 

 

Malgré la caravane, mot d’ordre de grève respecté suivi de manifestation aux Cayes.

 

Le mot d’ordre de grève lancé par les secteurs opposés au budget  2017-2018, qualifié de « budget criminel » par ces derniers a été largement respecté dans la 3eme ville du pays ce lundi 18 septembre 2017. Les écoles publiques et privées n'ont pas fonctionné pas. Les activités au centre commercial sont nettement au ralenti. Les banques commerciales privées ont gardé leurs portes fermées.  Le transport public assurant le trajet Cayes-Port-au-Prince était paralysé ; les camionnettes desservant les différents circuits entre le centre-ville des Cayes et les communes avoisinantes rares. Seuls Les taxis-motos étaient très remarqués partout. La grève affecte également les bureaux publics et privés de la métropole du Sud.

Parallèlement, plusieurs centaines de personnes issues de différents secteurs principalement des quartiers populaires ont manifesté pacifiquement dans plusieurs rues de la ville pour dénoncer ledit budget. Les manifestants, en majorité,  proviennent des différents quartiers populaires de la ville des Cayes. Munis de pancartes et de branches d’arbres, les manifestants ont scandé des propos contre le budget, contre le gouvernement. Ils demandent, entre autres, au chef de l’État de faire marche arrière sur la publication du budget pour éviter d’envenimer la situation.

 

Soulignons que dans plusieurs carrefours au centre-ville des Cayes, plusieurs groupes de personnes font des commentaires sur le budget (2017-2018) voté par les deux branches du Parlement. L'avis sont partagés sur l’aspect politique de la question, mais ils sont unanimes à admettre le qualificatif attribué au budget « criminel ».