Information Musicale

4 Aout 2017

« Sele bride », le nouveau son de Dener Céide

Si on vous dit Dener Céide, vous penserez inévitablement à l’un des paroliers les plus talentueux et prolifiques de l'industrie musicale haïtienne. Et vous n’aurez pas tort. On lui doit des compositions comme « Rezilta », « You don’t want me », « Lajan sere », « Heartbreak & Misery », « Sincerly yours », autant de titres qui ont cartonné ici en Haïti. Le lyriciste, qui a déjà collaboré avec plusieurs groupes du HMI – Harmonik, Klass, Disip, Zenglen – ainsi qu’avec d’autres artistes internationaux – Lauryn Hill, Inner Circle, Yolanda Adams –, propose cet été sa propre chanson, « Sele bride ».

 

Plublié le 4 Aout 2017 / Source: Le Nouvelliste

 

 

 Photo : Google Image

 

« Sele bride », c’est le cri d’un artiste atteignant le summum de son aventure musicale. Une exhortation à être, une avancée, une prière pour l’émancipation de chacun… Pour composer cette chanson, Dener Céide est allé puiser dans ses souvenirs d'enfance. Il s’est revu plus jeune, en pleine nature, avec les chevaux, les mules, les ânes. « Petit, j’adorais chevaucher ces animaux. Il était nécessaire de les seller, de les brider pour mieux les guider », raconte l’enfant de St-Louis du Sud, qui a grandi dans un paysage verdoyant. Une enfance bercée par le son d’une rivière, ce qui a d’ailleurs influencé ses aptitudes de parolier et affiné son habileté avec les mots. 

Desepsyon, sa première composition musicale mise en ondes, date de 2004 et, depuis, une grande partie des hits du HMI portent la macule de l’ancien musicien de Tabou Combo. « Actuellement, je suis à un stade de ma vie où je prends le contrôle de tout. Je maîtrise pratiquement tout : ma vie, ma carrière, ma destinée. Je veux ainsi en profiter pour atteindre mon apogée », confie le guitariste. « Sele bride » constitue donc la matérialisation de ce pouvoir, de cette domination.

Cette chanson est aussi une manière pour le compositeur d’exprimer cette liberté qu’il n’a jamais cessé de convoiter. Cette émancipation, il la dépeint dans ce nouveau morceau. Chaque image de la vidéo – l’artiste piégé par des lianes qui parvient à se libérer –, chaque roulement de tambour, chaque parole sortie de la bouche de Déner Céide, traduisent cet état d’âme, cette quiétude d’esprit retrouvée. C’est, en quelque sorte, son hymne à la liberté. « Le reflet d’une personne sortant d’un carcan, cachée, enchaînée, vers un état de liberté. Cette chanson parle de mon vécu, des diverses expériences que j’ai faites à travers le temps », dit celui qui a connu la tourmente duvaliériste de Baby Doc. « Louvri pou mwen, louvri baryè k fèmen douvan mwen. Sa k vle bare m lawout o. Kase chèn laparès sa nan mwen ki soti pou l anchennen konsfans mwen, chak fwa m deside leve », chante-t-il de sa voix mélodieuse.

« Sele bride » est par ailleurs un nouveau son. Lequel est influencé par les chansons traditionnelles, latines, espagnoles et africaines. « Un style afrobeat. On y trouve notamment de la musique malienne, du manding. Avec ce nouveau son, je fais une nouvelle proposition à la musique haïtienne. La possibilité d’explorer d’autres rythmes, puis de les combiner », explique le chanteur aux longs dreadlocks, reconnu comme étant la plume d’or du compas. Entre tradition et influence, l’œuvre du lyriciste Déner Céide est une jonction entre la musique ancestrale et les musiques du monde. D’autre part, ceci ne sous-entend pas qu’on ne va plus retrouver le Dener tant choyé par les mordus du compas. Le compositeur de l’année 2016, dont l’empreinte se trouve sur presque tous les hits compas de l’époque a donc fait les prévisions suivantes: « Loin de moi l’idée de laisser tomber le compas. Je travaillerai parallèlement sur les deux rythmes. Cependant, je tiens à structurer mon nouveau style pour qu’il puisse se frayer une place ».

 

Ce nouveau style adopté par le natif du Scorpion se révèle être également une invitation à quiconque hésite à prendre des risques, par peur de l’échec. « Comment espérez-vous réussir si jamais vous n’osez lever le petit doigt ? Kòman w pral konnen si w pa eseye ? Di mwen sa ki bon ki pa janm pran tan…C’est ce que mon cheminement artistique m’a imposé et que je vous incite à faire », indique l’ancien étudiant en musique de Miami Dade College. « M pral pran chans mwen. Demen pou m pa di m te gen devenn O. Si m pa chèche m p ap jwenn. M pral defann mwen, ak sa k nan men m, Granmèt la ban mwen. Depi m chèche fò m jwenn. Menm yon wout pou m janbe, kafou m gen pou m janbe. Men m konnen m ap rive », lance Dener Céide, confiant, dès la première strophe de « Sele bride ».

 




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